Documentariste radio aussi savant que sensible, Bastien Lambert est notamment l’auteur pour France Culture de Retour à La Hague, sur l’imaginaire du risque nucléaire dans le Cotentin, et de Carte postale de Centuri, dans lequel il faisait revivre et prolongeait le travail de Yann Paranthoën – auteur, disparu en 2005, d’une œuvre radiophonique exceptionnelle.
Pour « Le Labo » – l’émission de la RTS (Radio-Télévision suisse) dont on apprend ainsi qu’après treize ans de création radiophonique ce sera la dernière –, Bastien Lambert vient de signer un bel unitaire. Lequel commence ainsi : « Je mesure un mètre quarante-trois, je mets encore du 12 ans alors que j’en ai 40. »
Habitué aux regards des autres (à ce propos, sa compagne dira, avec une salutaire franchise : « De la part des enfants, c’est de la curiosité ; de la part des adultes, c’est de la connerie »), Bastien Lambert décide de rouvrir son dossier médical et d’interroger ses proches alors qu’il souhaite devenir père. Dans les réponses de sa mère s’entendent encore la douleur et le désarroi : « J’ai compris que la vie ne serait plus pareille si j’avais un enfant handicapé. Faire un bel enfant, c’était important… C’était un peu une blessure narcissique. J’ai eu du mal à accepter les choses. A cause du regard des autres aussi. A tel point que j’évitais d’aller dans la rue. On s’est un peu battus pour gagner des centimètres. »