C’est une mise en scène qui a stupéfié de nombreux universitaires. Le 26 novembre 2025, avec ses collègues Laurent Jacobelli (Moselle) et Philippe Ballard (Oise), le député du Rassemblement national de l’Yonne Julien Odoul s’est invité à l’université Sorbonne-Paris-Nord, à Villetaneuse (Seine-Saint-Denis). Une visite retransmise en direct sur les réseaux sociaux, filmée par les médias d’extrême droite Frontières et Boulevard Voltaire. Le but : « vérifier » l’emprise du « prosélytisme religieux » sur le campus, en décomptant les jeunes femmes portant le voile islamique.
Deuxième étape de cette offensive politique, Julien Odoul a déposé une proposition de loi juste avant Noël, le 23 décembre 2025, dont l’article unique prévoit d’interdire le port de tout signe religieux ostentatoire à l’université. Lors de la présentation du texte à la presse, il a expliqué avoir découvert « une université en rupture totale et en violation totale avec la laïcité et avec les usages républicains ». « Une étudiante voilée, c’est de l’entrisme islamiste », considère-t-il, au motif que le voile serait « un marqueur instrumentalisé par des mouvances antirépublicaines ». « Une chose est claire, a renchéri Laurent Jacobelli. La direction de l’université tourne la tête, voire encourage des comportements qui ne nous paraissent pas conformes à l’esprit républicain, à l’esprit laïque. »