La Malaisie a suspendu dimanche 11 janvier, après l’Indonésie samedi, l’accès à Grok, assistant d’intelligence artificielle du réseau social X, qui génère des contenus pornographiques, a déclaré l’autorité de régulation des technologies du pays.

Des images, réalisées en demandant à Grok de dénuder des personnes réelles à partir de photos ou de vidéos, ont suscité une vague de protestations à travers le monde. La Commission malaisienne des communications et du multimédia (MCMC) a annoncé dimanche dans un communiqué « avoir ordonné une restriction temporaire de l’accès à l’intelligence artificielle Grok pour les utilisateurs en Malaisie », avec effet immédiat. Un journaliste de l’Agence France-Presse (AFP) à Kuala Lumpur a tenté d’utiliser Grok dimanche, sans succès.

Dans le communiqué, la MCMC a évoqué « des contenus impliquant des femmes et des mineurs, malgré un contrat réglementaire préalable et des avis formels » adressés à la société X Corp d’Elon Musk et à la start-up xAI, qui a développé Grok.

L’autorité de régulation malaisienne a déclaré qu’elle jugeait les mesures de protection de X insuffisantes, ajoutant que l’accès ne serait rétabli qu’après vérification des modifications requises. Selon la MCMC, X Corp « n’avait pas su répondre aux risques inhérents à la conception et au fonctionnement de l’outil d’IA », s’appuyant « principalement sur des mécanismes de signalement initiés par les utilisateurs ».

L’Inde a un peu plus tôt dimanche affirmé que X avait retiré des milliers de contenus et supprimé des centaines de comptes accessibles dans le pays. « Environ 3 500 contenus ont été bloqués et plus de 600 comptes effacés », a précisé sous le couvert de l’anonymat à l’AFP une source gouvernementale indienne.

Interpellé sur X par de nombreux utilisateurs scandalisés à travers le monde, Grok a répondu vendredi que la génération et l’édition d’images étaient « actuellement réservées aux abonnés payants », en invitant à « s’abonner pour débloquer ces fonctionnalités ».

Cette désactivation limitée a suscité l’indignation du Royaume-Uni, l’un des pays les plus critiques envers Elon Musk. Cette mesure « transforme simplement une fonctionnalité qui permet la création d’images illégales en un service premium », et constitue « une insulte aux victimes de misogynie et de violences sexuelles », a dénoncé un porte-parole du premier ministre britannique, Keir Starmer.

A Bruxelles, la Commission européenne a « pris note des dernières modifications », mais les a jugées insuffisantes. Roland Lescure, ministre français de l’économie, a rappelé que la France avait « saisi la justice et continuera d’exiger des plateformes qu’elles respectent nos lois si elles veulent profiter de notre marché ».

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