Alors que le Mali vit depuis plusieurs mois au rythme d’attaques djihadistes contre ses intérêts économiques, des hommes armés ont attaqué trois sites industriels et enlevé quatre civils dimanche matin dans l’ouest du pays, a appris l’Agence France-Presse (AFP) de sources locales, lundi 12 janvier.

Depuis l’été dernier, les djihadistes du Groupe de soutien de l’islam et des musulmans (GSIM), affilié à Al-Qaida, prennent pour cible des convois de carburant et des sites industriels et miniers pour asphyxier l’économie de ce pays sahélien enclavé.

« Les terroristes, après le blocus économique, veulent empêcher les usines de tourner. Ils ont attaqué trois usines dimanche dans la région de Kayes (ouest). Les dégâts sont énormes », confie une source sécuritaire malienne à l’AFP qui assure que « l’Etat a dépêché des renforts sur le terrain ».

Ibrahima Diawara, président de l’usine Stones qui produit du carbonate de calcium, de la chaux et de l’enduit près de la commune de Bafoulabé, déplore des « dégâts considérables ». « Deux autres usines dans le même secteur ont été attaquées et brûlées aussi », explique-t-il à l’AFP. « Près de 160 terroristes circulant à moto ont pris part aux attaques », écrit sur X Wamaps, un groupe de journalistes ouest-africains spécialisé dans l’actualité sécuritaire au Sahel.

Lundi en début d’après-midi, ces attaques n’avaient pas été revendiquées. Selon un élu de la région de Kayes, « les djihadistes avaient déjà attaqué ces sites il y a quelques mois. (…) Quatre civils ont été enlevés » cette fois. « L’Etat doit renforcer la sécurité sur place », plaide-t-il.

En juin, le GSIM avait menacé de frapper les industries étrangères installées dans le pays et toute autre entreprise faisant des affaires avec l’Etat malien sans « son autorisation ». Depuis, de nombreux sites industriels ont été attaqués et plusieurs civils, surtout étrangers, ont été enlevés, principalement dans l’ouest du pays.

Ces enlèvements permettent aux djihadistes de se financer en demandant des rançons. Dans le cadre de ce djihad économique, les djihadistes attaquent également les convois de carburant. Au plus fort de la crise en octobre et novembre, Bamako avait subi d’importantes pénuries en carburant, grippant l’économie de la capitale et entraînant des délestages d’électricité.

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