Dans le conte de Charles Perrault comme dans ceux de la Coupe de France de football, le Petit Poucet revient à la maison. Mais, dans le second cas, il a été vaincu par l’ogre. Auparavant, il aura vécu une « épopée » au fil des exploits, tour après tour, contre des équipes plus huppées, dans une lumière médiatique inhabituelle.
L’aventure s’achève dans des défaites honorables ou des roustes dignes, parfois avec des haies d’honneur de la part des vainqueurs. Le folklore de la Coupe inclut aussi des polémiques rituelles sur l’abandon ou non des recettes par le riche club professionnel au club amateur, et des débats sur le choix du stade plus grand où jouer.
Il y a des petits poucets de toutes tailles car on est toujours celui d’un autre. C’est le nombre de divisions d’écart qui compte et qui définit l’exploit. Des épopées en tout début de compétition restent méconnues : c’est quand les pros entrent en jeu que la dimension change.
Cette saison, aucun petit poucet ne passera le cap des 16es de finale, à moins que Bayeux (Régional 1, 6e échelon) ne crée la sensation, mardi 13 janvier, dans le match décalé contre l’Olympique de Marseille (OM). Les autres ont été vaincus, comme le FC Montreuil (R1) face à Amiens (Ligue 2) ou l’US Avranches (National 2, 4e échelon), éliminé par Strasbourg, après avoir sorti le Stade brestois au tour précédent.
Là réside la beauté de la plus vieille compétition nationale (108 éditions depuis 1918), avec son principe d’ouverture qui permet à plus de 7 000 équipes masculines seniors d’y participer (près d’un millier chez les femmes). Une spécificité française, les coupes nationales étant beaucoup plus exclusives chez nos voisins.
Cette formule rend à ce sport sa nature aléatoire : lors d’une rencontre à élimination directe, tout peut arriver – surtout avec un surcroît de motivation qui peut transcender une équipe. L’aventure a des airs de fiction qui rappellent le film Coup de tête, de Jean-Jacques Annaud (1979). En bonus, l’absence de l’arbitrage vidéo avant les quarts de finale rétablit l’émotion instantanée des buts.