Le gouvernement vénézuélien a annoncé avoir libéré 116 détenus lundi 12 janvier au matin. Les familles de prisonniers politiques s’impatientent depuis la promesse de remise en liberté faite par les autorités sous la pression américaine, après la capture du président Nicolas Maduro et de son épouse et ancienne présidente de l’Assemblée nationale, Cilia Flores. « Ces mesures ont bénéficié à des personnes privées de liberté pour des faits liés à la perturbation de l’ordre constitutionnel et à l’atteinte à la stabilité de la nation », a communiqué le ministère du service pénitentiaire.
L’ONG Foro Penal, qui s’occupe des détenus politiques, n’a quant à elle recensé que 24 nouvelles libérations, dont celle de deux Italiens. La présidente du conseil italien, Giorgia Meloni, a « accueilli avec joie et satisfaction la libération de [ses] compatriotes Alberto Trentini et Mario Burlo, qui se trouvent désormais en sécurité à l’ambassade d’Italie à Caracas » sur X. Elle a salué « la collaboration constructive » des autorités, « ainsi que toutes les institutions et toutes les personnes qui, en Italie, ont travaillé avec engagement et discrétion pour atteindre ce résultat important ».
Malgré les promesses, les levées d’écrou ont lieu au compte-goutte avec des familles qui attendent devant les prisons. Selon le texte du gouvernement vénézuélien, ces libérations « s’inscrivent dans le cadre de la révision intégrale des dossiers, commencée volontairement par le président constitutionnel Nicolas Maduro Moros. Ce processus s’est poursuivi sous la direction de la présidente par intérim, Delcy Eloina Rodriguez Gomez, dans le cadre d’une politique axée sur la justice, le dialogue et la préservation de la paix ». Le gouvernement précise que les révisions de dossiers se poursuivent.
Des groupes de défense des droits humains estiment qu’il y a entre 800 et 1 200 prisonniers pour des raisons politiques au Venezuela. Seules environ 50 semblent être sortis de prison à ce jour, selon un communiqué de la Mission d’établissement des faits des Nations Unies sur le Venezuela, qui réclame la libération de tous ces prisonniers.
Des proches de détenus ont installé lundi un campement devant la prison de Rodeo 1, à une trentaine de kilomètres de Caracas. La police a menacé de démanteler toute installation.
La libération de prisonniers a été annoncée le 8 janvier, sous la pression du président américain, Donald Trump, qui affirme être « aux commandes » du pays.