La chasse aux terres rares bat son plein. Depuis que la Chine, à la tête de 90 % du marché, exporte au lance-pierre ces métaux essentiels aux industries aéronautiques, automobiles ou d’armement, les pays du G7 intensifient leurs projets visant à diversifier leurs sources d’approvisionnement. Donald Trump rêve de s’approprier le Groenland. D’aucuns lorgnent l’espace. Le Japon, lui, compte sur les abysses.
Lundi 12 janvier, le navire japonais Chikyu a appareillé, direction l’atoll de Minami Torishima, à moins de 2 000 kilomètres au sud-est de Tokyo dans le Pacifique. Objectif : forer les fonds marins à 6 000 mètres de profondeur afin de remonter des boues riches en terres rares. Une mission d’un mois qui, selon le résultat, pourrait déboucher sur des tests à grande échelle en 2027.
Le Japon est d’autant plus motivé que les tensions montent avec son grand voisin. Depuis les déclarations, en novembre, de la première ministre Sanae Takaichi sur une possible intervention militaire japonaise à Taïwan en cas d’attaque de l’île par Pékin, la Chine montre son courroux. D’abord, en privant le zoo de Tokyo de ses pandas. Ensuite en fermant le robinet des exportations vers le Japon de métaux stratégiques, utilisés à des fins civiles et militaires.