C’est une preuve irréfutable de l’emprise criminelle sur le territoire corse et un pied de nez spectaculaire aux autorités chargées d’y faire respecter l’ordre. Alors que toute la hiérarchie judiciaire et les plus haut gradés de la police et de la gendarmerie de l’île étaient réunis, lundi 12 janvier, à Bastia, pour la rentrée solennelle de la cour d’appel, Alain Orsoni, pilier de l’histoire du nationalisme insulaire, était tué à l’enterrement de sa mère dans le village familial de Vero (Corse-du-Sud). Le tout nouveau Parquet national anticriminalité organisée a d’ailleurs jugé utile de se cosaisir de l’affaire dans la foulée, avec la juridiction interrégionale spécialisée en matière de lutte contre le crime organisé à Marseille.
Peu après 16 h 30, le prêtre officiait encore dans le cimetière aux derniers rites de l’enterrement de la mère d’Alain Orsoni devant une assistance familiale, quand, selon les éléments fournis au Monde par le procureur de la République d’Ajaccio, Nicolas Septe, la victime s’est légèrement écartée puis s’est écroulée d’un coup. Le chef du parquet a ajouté qu’il s’agissait d’un tir à longue distance « de plusieurs centaines de mètres » et qu’une seule balle semblait avoir été utilisée. En fin d’après-midi, avant que la nuit ne tombe, les enquêteurs de la police judiciaire tentaient de retrouver l’emplacement précis dans la végétation environnante d’où pouvait provenir le coup de feu mortel.