Le policier n’aura pas su convaincre le tribunal judiciaire de Paris. Le gardien de la paix Ludovic C. a été condamné, lundi 12 janvier, à huit mois de prison avec sursis. Ce fonctionnaire de la compagnie de sécurisation et d’intervention 75 se voit reprocher deux tirs au lanceur de balles de défense (LBD) non réglementaires, le 9 janvier 2020, lors d’une manifestation parisienne contre le projet de réforme des retraites.
Le premier tir avait atteint Moukran S., 71 ans, qui se trouvait au contact d’un cordon policier, dans lequel se trouvait Ludovic C., qui a affirmé en audition avoir tiré après qu’un de ses collègues avait cassé sa matraque sur Moukran S. « A ce moment-là, il y a une brèche qui se crée (…), les boucliers ne parvenaient plus à tenir en place et le dispositif n’était plus hermétique (…). Pour moi, les collègues étaient très dangereusement exposés », a-t-il affirmé à l’inspection générale de la police nationale (IGPN).
Le second tir, quelques minutes plus tard, avait touché Peter B., 46 ans. Le manifestant, qui se trouvait esseulé, à un peu plus d’une dizaine de mètres du fonctionnaire, venait alors de repousser du pied un palet lacrymogène. Pour Ludovic C., qui affirme l’avoir vu préalablement faire mine de ramasser des projectiles pour les jeter, Peter B. a tapé dans ce palet « dans le but de nous porter préjudice et de nous “incapaciter” (…), de nous désorganiser afin de nous mettre en difficulté. J’ai défendu mon unité, afin de faire cesser ces atteintes multiples dont la compagnie [était] victime. »