En Cisjordanie, l’université palestinienne de Birzeit toujours sous le choc, une semaine après les tirs de l’armée israélienne contre des étudiants

La première balle a traversé son avant-bras. Les deux suivantes ont touché le bas du dos. M. (les noms ne sont pas publiés pour des raisons de protection), 24 ans, est un miraculé. Comme plusieurs dizaines d’étudiants de l’université de Birzeit, en Cisjordanie occupée, il a été visé par de nombreux tirs à balles réelles, le 6 janvier, lors d’une opération militaire israélienne au milieu du campus universitaire, entre la faculté de droit, la cafétéria, la librairie, le bâtiment des sciences, un auditorium et un immeuble administratif. L’intervention, documentée par plusieurs vidéos, a provoqué un mouvement de panique. Une douzaine de personnes ont été blessées, dont deux plus gravement.

« C’était une journée normale, la vie normale d’un campus », raconte M., à l’unisson de la douzaine de témoins rencontrés. Les syndicats étudiants avaient prévu de se rassembler en solidarité avec les prisonniers palestiniens. Ils avaient également décidé de diffuser le film La Voix de Hind Rajab, de la cinéaste tunisienne Kaouther Ben Hania, racontant l’histoire d’une enfant de 6 ans tuée par les forces israéliennes à Gaza après avoir appelé à l’aide les secours, en 2024.

La veille, l’armée avait contacté l’université pour exiger l’interdiction de la cérémonie. « Ils ont menacé d’intervenir en expliquant que ce rassemblement présentait une dimension politique et nationale », indique un représentant de l’université sous le couvert de l’anonymat. « Nous avons répondu que, dès lors qu’il n’y a pas de violence, nous laissons les étudiants exprimer leur opinion », ajoute-t-il.

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