L’année 2025 aura connu 645 000 naissances et 651 000 décès. Pour la première fois depuis la fin de la seconde guerre mondiale, le solde naturel de la France passe en négatif, indique le bilan démographique annuel de l’Insee, présenté mardi 13 janvier. La hausse de la population, qui s’élève à 69,1 millions d’habitants, est désormais portée principalement par le solde migratoire.
Si la bascule du solde naturel était attendue, elle n’en demeure pas moins un véritable tournant, et devrait interpeller les décideurs politiques. Conjonction d’une baisse de la fécondité inscrite désormais dans la durée et d’une mortalité élevée, qui va se poursuivre et même augmenter les prochaines années, elle s’accompagne d’une autre réalité : le vieillissement de la population.
Cette nouvelle donne ouvre des perspectives qui dépassent les seules considérations démographiques ; elle pose la question du financement de la dépendance et des métiers du care, peu valorisés mais essentiels dans l’accompagnement des personnes âgées, interroge les décisions à court et moyen termes en matière de politique familiale et d’emploi, et appelle enfin à assumer des choix concernant le recours à l’immigration, dans un marché européen à cet égard concurrentiel.
Conséquence de la baisse des naissances et d’une mortalité soutenue, le solde naturel est donc devenu négatif en 2025, à ? 6 000. Le phénomène était attendu ; en 2024, déjà, on comptait davantage de morts que de naissances en France métropolitaine.
La mortalité importante (651 000 décès, en hausse de 1,5 % par rapport à 2024) s’explique, en partie, par une épidémie de grippe meurtrière. Mais elle est surtout « liée à l’arrivée, depuis le début des années 2010, des générations nombreuses du baby-boom à des âges avancés, où on décède davantage. La première génération atteint désormais les 80 ans », explique Sylvie Le Minez, cheffe de l’unité des études démographiques et sociales de l’Insee. Ce phénomène va d’ailleurs aller grandissant dans les années qui arrivent ; des pics à 800 000 morts sont projetés par l’Insee d’ici à 2040.