L’accès à Internet doit être coupé en Ouganda, mardi 13 janvier dès 18 heures, heure locale (16 heures à Paris), pour une durée indéterminée, deux jours avant les élections présidentielle et législatives, a annoncé un courrier de l’autorité de communication ougandaise, dont l’authenticité a été confirmée, mardi, par deux sources gouvernementales, auprès de l’Agence France-Presse (AFP).

« Cette mesure est nécessaire pour atténuer la propagation rapide de la désinformation (…) en ligne, la fraude électorale et les risques connexes, ainsi que pour empêcher l’incitation à la violence », justifie la commission des communications de l’Ouganda dans une lettre adressée aux fournisseurs d’accès à Internet.

L’Ouganda avait déjà bloqué l’accès à Internet lors de la présidentielle de 2021, un scrutin remporté par le chef de l’Etat, Yoweri Museveni, au pouvoir depuis quarante ans, et qui se représente jeudi. Bobi Wine, son principal adversaire il y a cinq ans et son challenger numéro un encore aujourd’hui, avait alors dénoncé une « mascarade » électorale, entachée de dizaines de morts.

Le gouvernement n’a fait aucune déclaration au sujet de cette coupure.

L’exécutif avait répété à plusieurs reprises que le réseau ne serait pas bloqué pendant l’élection. Le 5 juillet, il avait posté sur le réseau social X que « les affirmations suggérant le contraire [étaie]nt fausses, trompeuses et destinées à provoquer une peur et une tension inutiles au sein du public ».

L’Ouganda avait annoncé, fin décembre, restreindre l’importation de Starlink et d’autres récepteurs Internet satellite, qui auraient permis de contourner la coupure nationale.

La crainte s’accroît d’une répétition du scénario vécu en Tanzanie voisine, où l’accès à Internet avait été bloqué plusieurs jours à partir du 29 octobre, lors d’élections finalement jugées frauduleuses par des observateurs étrangers.

Des manifestations antipouvoir avaient été réprimées dans le sang, avec plus de 2 000 personnes tuées selon l’opposition, dans l’opacité la plus totale. Les élections ougandaises de jeudi se tiennent « dans un climat marqué par une répression et une intimidation généralisées », a dénoncé, vendredi, le haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk.

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