Au Kenya, les terres mobilisées pour produire des crédits-carbone destinés à compenser les émissions polluantes des pays industrialisés couvrent des territoires de plus en plus vastes. Elles s’étendent au fur et à mesure que le dessein du président William Ruto de faire de son pays un acteur de premier plan sur ce nouveau marché se matérialise.
L’emprise atteint un peu plus de 5 millions d’hectares, soit l’équivalent des superficies de terres arables, selon les calculs réalisés par le centre néerlandais de recherche sur les multinationales SOMO à partir des trente-six projets enregistrés sur le marché volontaire sur lequel s’approvisionnent les grandes entreprises pour réduire leur bilan carbone. Netflix, Shell, Meta et Microsoft sont parmi les clients.
Plantation d’arbres, introduction de systèmes agroforestiers, restauration d’écosystèmes dégradés, sanctuarisation de vastes espaces de conservation, utilisation de foyers de cuisson améliorés pour réduire l’utilisation du charbon de bois, modification des pratiques d’élevage… La palette des actions éligibles à ces mécanismes de compensation « basés sur la nature », présentés comme un instrument de la lutte contre le changement climatique tout autant que comme une source de revenus pour les populations rurales et les Etats, est large.