« Je ne ferai pas demi-tour », assure Thomas Durand, 19 ans. Assis sur une chaise en plastique, sous les tentes installées quai d’Orsay, à deux pas de l’Assemblée nationale, il se repose après s’être levé à 2 heures du matin pour rejoindre le cortège de tracteurs entré dans Paris, mardi 13 janvier. Ce fils d’agriculteur a grandi sur une exploitation de polyculture-élevage de 170 hectares dans l’Oise, avec 350 taurillons engraissés chaque année.
Comme beaucoup, il a appris le métier très tôt. « Depuis que je peux marcher, je suis sur un tracteur », résume-t-il dans un sourire. Un peu plus loin, Pauline (qui n’a pas souhaité donner son nom), 17 ans, est aux côtés de son père. Elève en terminale générale dans le Nord, elle aide depuis l’enfance ses parents sur leur ferme de 100 hectares, qui compte environ 150 bêtes. « Ce n’est pas une contrainte, j’aime bien, surtout aider pour les cultures », assure-t-elle.
Témoins directs des difficultés rencontrées par leurs parents, ces jeunes savent ce que le métier implique. Pour Thomas Durand, ce sont des semaines de soixante-dix heures, peu de vacances. Mais il relativise : « Je suis habitué, j’ai été élevé comme ça. » Pauline relève aussi de fatigue de sa mère qui s’occupe, notamment, de la traite : « Au global, on arrive plutôt bien à vivre. Mais ça change chaque année. On en a eu des difficiles. »