Leur situation était délicate, elle est devenue intenable. L’enlèvement du président vénézuélien par l’armée américaine, dans la nuit du 2 au 3 janvier, laisse les ressortissants vénézuéliens vivant aux Etats-Unis dans un état d’incertitude inédit. Si la plupart d’entre eux ont célébré, en Floride et ailleurs, la chute de Nicolas Maduro, beaucoup redoutent de devenir une monnaie d’échange entre les deux pays, leur possible expulsion pouvant faire partie des négociations entre les Etats-Unis et le Venezuela, dans les mois à venir.
Car, depuis son retour au pouvoir en janvier 2025, Donald Trump a soigneusement détricoté les voies d’immigration légales. L’administration Biden avait mis en place, entre 2021 et 2023, des dispositifs comme le TPS, statut de protection temporaire, ou le CHNV, dit Parole Program, qui permettait aux Cubains, Haïtiens, Nicaraguayens et aux Vénézuéliens d’entrer légalement aux Etats-Unis et de s’y réfugier temporairement, en raison de la situation des droits humains dans leur pays.
Ces outils de protection, dont ont bénéficié près de 600 000 ressortissants vénézuéliens, ont été supprimés. Puis, en décembre 2025, les services de l’immigration (USCIS) ont annoncé qu’ils suspendaient sine die l’examen des demandes d’asile, projetant les Vénézuéliens dans un purgatoire migratoire. Dès le 5 janvier, au lendemain de l’enlèvement de Nicolas Maduro, l’administration Trump a fait savoir qu’elle continuerait les expulsions en direction du Venezuela, et le département de la sécurité intérieure a indiqué dans un message publié sur X que les Vénézuéliens pouvaient désormais retourner « dans un pays qu’ils aiment ».