Le Parti socialiste (PS) ne censurera pas le gouvernement si le financement des « victoires obtenues » avec les dernières annonces de Sébastien Lecornu ne se fait pas « sur le dos des Français », a assuré samedi soir le premier secrétaire du parti, Olivier Faure. Sur TF1, il a aussi posé comme condition « d’avoir la copie [budgétaire] complète » et « qu’il n’y ait pas de flou », pour proposer aux socialistes de ne pas voter la censure.

Sébastien Lecornu a annoncé vendredi soir plusieurs mesures en faveur du pouvoir d’achat, des étudiants et sur le logement, comme le réclamait le Parti socialiste. Il a notamment promis une augmentation de « 50 euros en moyenne » de la prime d’activité pour « plus de trois millions de ménages » à revenus modestes. Cette dernière mesure coûtera « de l’ordre de 2 milliards d’euros » par an, selon l’entourage du premier ministre.

Le premier ministre devrait détailler ces mesures « dans un courrier adressé à tous les parlementaires lundi pour que chacun puisse se positionner », a précisé la ministre des comptes publics, Amélie de Montchalin, dans un entretien à Ouest-France. Mais le locataire de Matignon est resté évasif sur leur financement.

« Les concessions annoncées par le premier ministre représentent plusieurs milliards de moindres économies, en grande partie issues de la surenchère des socialistes, sans que leurs financements ne soient encore clairement établis », a déploré Paul Christophe, chef des députés Horizons, le parti d’Edouard Philippe.

Le chef des députés du MoDem, Marc Fesneau, a dit attendre de l’exécutif « des clarifications, en particulier sur le respect des objectifs de réduction du déficit » de 5 % du PIB au maximum en 2026, comme s’y est engagé le premier ministre.

« L’effort reposera de manière égale sur des baisses de dépenses et sur des hausses de recettes (…) sans jamais faire porter l’effort sur les ménages », leur a répondu samedi soir Mme de Montchalin.

Olivier Faure suggère que ces nouvelles mesures soient notamment financées par une surtaxe sur les grandes entreprises, comme l’envisage d’ailleurs le gouvernement. « Il faut que cette surtaxe soit maintenue », a demandé le patron des socialistes.

Opposés à cette mesure, les groupes LR et Renaissance n’ont pas apporté leur soutien à un amendement du gouvernement jeudi, qui aurait porté le rendement de la surtaxe à 6,3 milliards d’euros, contre 8 milliards en 2025 et 4 milliards dans le projet de loi initial du gouvernement pour 2026. Les socialistes réclamaient quant à eux le maintien de la surtaxe à 8 milliards. Samedi matin, le ministre de l’économie et des finances, Roland Lescure, a fait savoir que « des chiffrages étaient en cours » sur le sujet.

M. Faure a laissé entendre que l’attitude du PS ne dépendrait pas du moyen retenu par le gouvernement pour faire adopter le budget, recours au 49.3 ou aux ordonnances, un choix qui pourrait être annoncé lors d’un conseil des ministres, lundi. « Aucun de ces moyens n’a en réalité ma préférence ou mon soutien. J’aurais souhaité que les parlementaires puissent aller jusqu’au bout avec un vote », a-t-il dit.

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