Le président des Etats-Unis, Donald Trump, a menacé, mardi 20 janvier, d’imposer des droits de douane de 200 % sur les vins et champagnes français en réponse au refus de son homologue Emmanuel Macron de rejoindre son « conseil de la paix ».
Donald ?Trump a répondu : « Il a dit ça ? ?Eh bien, personne ne veut ?de lui, parce ?qu’il sera bientôt sans mandat. » « Je vais mettre 200 % de droits de douane sur ses vins et champagnes. Et il y adhérera. Mais il n’est pas obligé d’y adhérer », a-t-il déclaré à des journalistes en Floride, lundi soir, heure de la côte est américaine.
L’Elysée a aussitôt réagi, jugeant « inacceptables » les menaces de taxes américaines sur les vins « pour influencer sa politique étrangère » : « Nous avons pris note des déclarations de Donald Trump. Comme nous l’avons toujours souligné, les menaces tarifaires pour influencer notre politique étrangère sont inacceptables et inefficaces », a fait savoir l’entourage d’Emmanuel Macron.
De son côté, la ministre de l’agriculture, Annie Genevard, a jugé les propos de Donald Trump « hostiles ». C’est « extrêmement choquant parce que c’est brutal, c’est fait pour faire plier, c’est un outil de chantage », a déploré la ministre sur TF1. « Nous avons des outils [commerciaux] pour lui tenir tête, aux Européens de prendre leur responsabilité », a-t-elle renchéri.
L’Europe doit arrêter de « subir ces bras de fer » avec Donald Trump, « qui défend son économie et qui en fait est en train de détruire une partie de l’économie mondiale pour régner », a commenté mardi matin sur Europe 1 Hervé Lapie, secrétaire général de la FNSEA, premier syndicat agricole français. « On annonce 200 %, je ne sais pas à combien ça va finir, mais globalement, il faut que l’Europe se réveille pour qu’elle puisse protéger aussi ses producteurs et ses consommateurs », a-t-il défendu.
De nombreux dirigeants étrangers ont reçu une invitation à rejoindre cette nouvelle entité proposée et présidée par Donald Trump, qu’il veut façonner à sa main pour œuvrer à la résolution des conflits dans le monde, en concurrence avec l’ONU. Mais ces derniers n’ont pas encore annoncé s’ils l’acceptaient ou non.
Le président américain a ainsi annoncé avoir invité son homologue russe, Vladimir Poutine, à rejoindre ce conseil de la paix. La Chine a également rapporté mardi avoir reçu une « invitation de la partie américaine », a fait savoir lors d’une conférence de presse régulière Guo Jiakun, un porte-parole du ministère des affaires étrangères chinois. Il n’a pas précisé si Pékin allait y répondre favorablement ou non.
L’instance avait été initialement conçue pour superviser la reconstruction de Gaza. Mais son projet de « charte », obtenu par l’Agence France-Presse (AFP), ne mentionne pas explicitement le territoire palestinien et lui assigne un objectif plus large, celui de contribuer à la résolution de conflits armés dans le monde. Les Etats candidats à un siège permanent à ce conseil devront s’acquitter de « plus de 1 milliard de dollars [860 millions d’euros] en espèces », selon la « charte » qui accorde, en outre, des pouvoirs très étendus à Donald Trump, lui donnant par exemple un droit de veto de facto sur les décisions.
Lundi, le Quai d’Orsay avait d’abord fait savoir qu’il examinait « les dispositions du texte proposé comme fondement de cette nouvelle instance, dont le projet dépasse la seule situation à Gaza ». Mais, quelques heures plus tard, l’entourage d’Emmanuel Macron a annoncé que la France « n’entend[ait] pas donner de suite favorable », à ce stade.
Cette initiative proposée par les Etats-Unis « dépasse le seul cadre de Gaza », a fait savoir l’entourage du chef de l’Etat auprès du Monde. « Elle soulève des questions majeures, en particulier quant au respect des principes et de la structure des Nations unies, qui ne sauraient en aucun cas être remis en cause. »