« Le pari osé de Sébastien Lecornu de trouver un compromis sur le budget 2026 est un pari perdu »

Laisser le pouvoir au Parlement. Tel était le pari osé de Sébastien Lecornu lorsque, succédant en octobre 2025 à deux premiers ministres rapidement renvoyés dans leur foyer, il avait reçu pour mission de doter d’un budget une France devenue ingouvernable. Le pari est perdu. Vendredi 16 janvier, sur le perron de l’hôtel de Matignon, l’homme du compromis a dû reconnaître que sa réussite concernant le vote de la loi de financement de la Sécurité sociale en décembre 2025 ne se reproduirait pas en matière budgétaire.

Des mots honnis par les oppositions – le 49.3, les ordonnances – ont ressurgi dans le débat public, augurant des jours, voire des semaines, difficiles pour le gouvernement. En optant, lundi 19 janvier, pour l’utilisation du 49.3, l’une des armes du parlementarisme rationalisé auxquelles il prétendait vouloir renoncer, le chef du gouvernement se retrouve dans la même mauvaise posture que ses prédécesseurs. Il se voit accusé de vouloir passer en force et est sous la menace d’une ou de plusieurs motions de la censure.

Dans sa défense, Sébastien Lecornu a lourdement chargé La France insoumise (LFI) et le Rassemblement national (RN), accusés de défendre des « postures cyniques et partisanes ». Il a, en revanche, omis de souligner que, si les forces situées entre ces deux extrêmes, autrement dit la gauche modérée, le bloc central et la droite républicaine, étaient parvenues à nouer un compromis, le pouvoir des extrêmes aurait été neutralisé, la France serait à ce jour dotée d’un budget pour 2026 et le Parlement pourrait se vanter d’avoir retrouvé quelques couleurs.

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