Après Nos paysages mineurs, puis En finir avec leur histoire, Marc Lainé achève une trilogie consacrée à l’histoire amoureuse de ses parents par La Chambre de l’écrivain, un spectacle attachant, plus touffu mais plus ambitieux que les deux précédents. Dans le premier volet, l’auteur metteur en scène racontait la rencontre dans les années 1970 de son père, normalien et futur écrivain (un pur produit de Saint-Germain-des-Prés), et de sa mère venue de la province et issue d’un milieu populaire. Dans le deuxième, on retrouvait le couple seize ans plus tard, à l’heure des désillusions politiques et de la rupture sentimentale. Séparés mais unis par Martin (double de Marc Lainé), le fils né de leur amour, Paul et Liliane étaient amenés à se revoir. Ce troisième opus les projette au cœur du temps présent.
Devenu quadragénaire, l’enfant assume la narration du récit en rapatriant ses parents sur le plateau du théâtre. Il veut mettre en scène leur histoire. Une réappropriation de leur réel à laquelle il convie un public transformé en voyeur d’intimités révélées par fragments incisifs. Enchâssement du passé dans le présent, de l’imaginaire dans le biographique, du théâtre dans la vidéo (et l’inverse) : La Chambre de l’écrivain se déploie dans une scénographie écartelée, mouvante et un peu encombrante. Créé à Lyon en octobre 2025, repris à Valence, le spectacle se joue désormais à la MC93 de Bobigny.