14 heures, sur le campus moderne de l’université Sorbonne-Nouvelle (USN), dans le 12e arrondissement de Paris. De retour de déjeuner, Yohanes Makanda, 51 ans, agent administratif, traverse le hall en effervescence, salue quelques étudiants en souriant puis se réfugie dans son bureau, à l’écart de la rumeur. Ici, tout est à sa place. Au sein du service « information, orientation et carrière », qui accompagne les étudiants dans leur recherche de stages et d’alternance, il a besoin d’ordre et de rituels. Yohanes Makanda vit avec un trouble bipolaire. Ce handicap psychique, marqué par l’alternance de phases d’exaltation et de dépression est encore largement invisible dans le monde du travail et difficilement pris en charge par les institutions.

Les mains serrées sur une tasse de thé fumante, cet homme à l’allure joviale revient sur son passé marqué par des ruptures à répétition. « Le travail a longtemps été pour moi, comme pour d’autres, un champ de bataille », résume-t-il. Parmi les trois millions de Français concernés par un handicap psychique (schizophrénie, bipolarité, dépression sévère, troubles alimentaires…), seuls 19 % travaillent. « Dans l’imaginaire collectif, nous sommes perçus comme des fous, parfois dangereux. »

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