Des tenues orange de détenus ont été abandonnées dans l’enceinte de la prison Al-Kam Al-Sini, en lisière d’Al-Chaddadeh, dans le nord-est de la Syrie. Les portes grandes ouvertes, les cellules donnent à voir le dénuement dans lequel des dizaines de prisonniers vivaient jusqu’au départ des Forces démocratiques syriennes (FDS, à majorité kurde), lundi 19 janvier. Quelques matelas au sol, des couvertures grises et un plat de kebbé en préparation.
Les forces gouvernementales et les FDS s’accusent mutuellement de l’évasion des prisonniers lors des affrontements qui les ont opposées. « Quand nos forces sont arrivées, les prisonniers avaient été relâchés. Les FDS ont ouvert les portes des cellules avant de partir. Elles ont détruit les caméras de surveillance et emporté les disques durs », accuse un soldat de la 44e division de l’armée syrienne. Des cadenas gisent au sol.
Selon le ministère de l’intérieur syrien, 120 prisonniers se sont évadés de la prison, dont 81 ont été retrouvés. Un représentant américain, cité par l’agence Reuters, évalue à environ 200 les combattants subalternes de l’organisation Etat islamique (EI) échappés après que les gardiens des FDS ont quitté les lieux. Quelque 600 combattants étrangers de l’EI avaient été transférés vers d’autres prisons avant les combats.