Le chef des députés Les Républicains Laurent Wauquiez a affirmé mercredi 21 janvier qu’il « ne serait pas sérieux de faire tomber le gouvernement » dans le contexte international actuel, écartant une censure de l’exécutif de Sébastien Lecornu de la part de la cinquantaine de députés LR.
« Dans le contexte international de danger qui est celui de la France et de menace d’une guerre commerciale, il ne serait pas sérieux de faire tomber le gouvernement et de laisser la France sans budget », a déclaré Laurent Wauquiez devant l’Association des journalistes parlementaires (AJP).
Il a nié que ce budget était « socialiste », comme l’a affirmé le président de son parti, Bruno Retailleau. « Ce n’est pas un budget socialiste, ce n’est pas un budget de droite. C’est un budget qui est le fruit d’une situation politique pleine de tempêtes, dans laquelle il n’y a pas de majorité dans notre Assemblée nationale », a-t-il expliqué.
Laurent Wauquiez a estimé que le travail parlementaire de la droite avait permis d’éviter « l’hérésie fiscale » du projet de budget initial, tout en reconnaissant que la version adoptée par 49.3 était « imparfaite ». A ses yeux, le « gros point noir de ce budget » est le manque d’économies sur les dépenses et le « poids mis sur les grandes entreprises ».
Laurent Wauquiez a sévèrement taclé David Lisnard, le maire LR de Cannes, qui a appelé mardi les élus de droite à faire tomber le gouvernement, dont la députée Alexandra Martin, qui porte les couleurs de son parti Nouvelle Energie au sein du groupe parlementaire LR, a promis de voter la censure.
« Ceux qui veulent censurer ou ne pas censurer, la meilleure façon, c’est d’avoir le courage de se présenter aux élections législatives », a affirmé le député de Haute-Loire, en allusion au président de l’Association des maires de France (AMF). David Lisnard est candidat à sa réélection à Cannes en mars et a annoncé qu’il se présenterait à la présidentielle l’an prochain, si la primaire à droite qu’il souhaite n’est pas organisée.
A ce propos, Laurent Wauquiez a réitéré son appel à une « primaire de la droite élargie », du macroniste Gérald Darmanin à Sarah Knafo (Reconquête), avouant rencontrer à ce sujet beaucoup de « personnalités de droite » en ce moment et citant parmi les « jeunes talents » la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon (Renaissance), et les ministres Vincent Jeanbrun et Sébastien Martin, tous deux LR.
Citant nommément Edouard Philippe, il a affirmé que s’il était à sa place, il se ferait « le premier champion du rassemblement de la droite ». « Parce que là, je pense que les Français comprendraient ce qu’il veut faire », a-t-il poursuivi.
Revenant sur la situation internationale et les menaces de Donald Trump sur le Groenland, il a apporté son soutien « à ce que fait en ce moment la diplomatie française », estimant que le pays « a besoin d’unité » dans ce contexte. « Il ne peut pas y avoir de soumission européenne à Donald Trump », a-t-il affirmé, tout en appelant l’Union européenne à « cesser d’offrir un ticket d’entrée gratuit » aux Etats-Unis et à la Chine sur le marché européen.