Une enquête a été ouverte pour « traite d’êtres humains » et « travail dissimulé » en raison de la plainte d’une famille colombienne, révélée par Paris Match, contre le défenseur international du Paris Saint-Germain Lucas Hernandez, a fait savoir le parquet de Versailles, sollicité par l’Agence France-Presse (AFP), mercredi 21 janvier.
L’enquête a été confiée à la brigade de recherches de Saint-Germain-en-Laye, ajoute le ministère public.
Dans un communiqué à l’AFP, le champion du monde français 2018 et son épouse, Victoria Triay, affirment avoir été « manipulés » et n’avoir « jamais agi avec une intention malveillante ni dans le mépris de la loi ». « Ces personnes ont partagé notre vie avec respect et dignité », écrivent encore Lucas Hernandez et Victoria Triay.
L’international français et son épouse, qui évoquent une « confiance trahie », assurent au sujet de membres de cette famille les avoir « aidés, soutenus et crus » lorsqu’ils leur « ont assuré être en cours de régularisation de leur situation ».
Un couple et leurs trois enfants « se sont retrouvés à travailler pour un an dans cette famille, sans droits », a détaillé à l’AFP Lola Dubois, qui les défend. Ils travaillaient « entre soixante-dix et quatre-vingts heures par semaine, sans congés payés, sans vacances, sans documents qui viendraient établir le droit des salariés », pour un salaire d’environ 2 000 euros net, détaille-t-elle encore.
Ces conditions de travail, malgré des « avantages en nature » liés à la vie du joueur, combinées à la « vulnérabilité économique » de la famille, font que leur situation « s’apparente à une forme d’esclavage moderne », a encore estimé l’avocate. Des contrats de travail ont bien été établis « un an après la prise de poste », ajoute cette dernière, mais elle estime qu’ils l’ont été « pour donner l’impression d’une situation régulière ».
« Cette affaire est désormais traitée par les voies juridiques appropriées, là où les faits (…) ont leur place », concluent de leur côté le joueur et son épouse, appelant « à la décence, à la retenue et au respect ».