Les Rohingya retourneront-ils jamais chez eux ? La guerre civile en Birmanie, qui a gagné l’Etat Rakhine, et l’instrumentalisation des Rohingya par la junte birmane pour combattre l’armée rebelle arakanaise ont encore creusé le fossé entre la majorité arakanaise bouddhiste et la minorité rohingya musulmane. Surtout, elles sèment les germes de futurs conflits.

Depuis les opérations de nettoyage ethnique de l’armée birmane de 2016 et 2017, environ 500 000 Rohingya demeuraient dans la partie nord-ouest de l’Etat Rakhine, qui est frontalière du Bangladesh et constitue leur terre ancestrale. Environ 145 000 Rohingya vivaient comme déplacés internes parqués dans des camps, essentiellement autour de la capitale de l’Etat, Sittwe. Les Arakanais bouddhistes, eux, sont au nombre de 3 millions dans l’Etat Rakhine.

La guerre civile consécutive au putsch de février 2021 a rebattu les cartes : l’Armée de l’Arakan (AA), le puissant groupe armé ethnique qui revendique l’autonomie pour l’Etat Rakhine, a pris les armes contre la junte birmane en novembre 2023. Au terme d’une offensive soutenue, elle contrôlait ainsi, début 2026, 14 des 17 townships de l’Etat Rakhine – seules lui échappent la capitale, Sittwe, la région portuaire de Kyaukpyu, où doit être construite une zone économique spéciale chinoise, et l’île voisine de Cheduba.

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