Unité de lieu, de temps et d’action : à Davos (Suisse), où s’achève vendredi 23 janvier la 56e édition du Forum économique mondial (WEF), la règle d’une bonne dramaturgie a été respectée à la lettre. En quelque vingt-quatre heures, la volonté de domination américaine sur le monde a été scénarisée, des rebondissements sur le Groenland, mercredi 21 janvier, à l’inauguration du Conseil de la paix créé par Donald Trump, jeudi 22 janvier au matin. Pour la justesse du décor, le président des Etats-Unis avait d’ailleurs fait venir un pupitre de la Maison Blanche. Il manquait, toutefois, à ce grand théâtre un deus ex machina. Il a débarqué.
Elon Musk, qui ne figurait sur aucun programme communiqué jusque-là par le WEF, a rejoint la scène, jeudi, pour un discours mêlant extraterrestres, satellites antidérèglement climatique et robots pour s’occuper des vieilles personnes. Le patron de Tesla, SpaceX, The Boring Company ou xAI était pourtant l’un des plus fervents détracteurs de l’« ennuyeux » cirque des alpages. « Comment le WEF/Davos peut-il exister ? Est-ce qu’ils essaient de devenir les maîtres de la Terre ? », avait posté le patron de Tesla sur X en janvier 2023.
Pourquoi ce revirement ? Larry Fink, le PDG du gestionnaire d’actifs américain BlackRock et coprésident par intérim du WEF, a donné un indice en affirmant, à la fin de leur entretien, qu’il souhaite « humaniser » son « ami » Elon Musk : « Il y a tellement de mythes autour d’Elon Musk », a-t-il déclaré, « c’est un ami formidable et je suis totalement inspiré par ce qu’il a accompli. » Bref, une opération de réhabilitation aussi bien huilée que C-3PO, le robot de Star Wars, après un bon bain de lubrifiants sur la planète Tatooine.