Aux Etats-Unis, les images de l’extrême brutalité des agents de l’ICE envers les migrants

« On va devenir la Gestapo. » L’invective, prononcée mardi 13 janvier par Joe Rogan, podcasteur à l’audience colossale et partisan revendiqué de Donald Trump lors de l’élection présidentielle de novembre 2024, a contribué à électriser un débat déjà explosif : celui des méthodes de la police fédérale de l’immigration américaine, l’ICE.

Créée en 2002, dans le sillage des attentats du 11-Septembre, pour lutter contre l’immigration illégale au nom de la « sécurité nationale », l’Immigration and Customs Enforcement (ICE – « Service de l’immigration et des douanes ») a vu ses méthodes se durcir sous les deux mandats de Donald Trump. Moins d’un mois après sa deuxième investiture, en janvier 2025, le nombre de personnes placées en rétention a commencé à augmenter. Au 20 juin 2025, plus de 56 000 migrants étaient détenus dans le pays, selon l’organisation non gouvernementale Human Rights Watch, soit une hausse de 40 % par rapport à juin 2024.

Les forces politiques s’affrontent sur la réponse à donner à ces arrestations massives et souvent brutales. A la suite de la mort de Renee Nicole Good, abattue par un agent de l’ICE à Minneapolis, le 7 janvier 2026, la juge fédérale du Minnesota, Kate Menendez, a imposé des restrictions aux opérations menées par l’agence. Les agents fédéraux sont désormais empêchés d’arrêter ou de détenir des manifestants présents dans leur véhicule lorsqu’ils « ne font pas obstruction » à leur action, tandis que l’usage du spray au poivre contre des protestataires pacifiques est proscrit.

Mais la multiplication des images et des témoignages de l’extrême violence des opérations de l’ICE continue d’agiter le débat public. Mercredi 21 janvier, des médias nationaux ont publié la photographie de Liam Conejo Ramos, un petit garçon de 5 ans, emmené, selon eux, par l’ICE dans un centre de rétention au Texas.

Si 84 % des électeurs républicains continuent de soutenir l’ICE, selon une enquête de l’institut de sondages Quinnipiac, des figures influentes de ce camp, à l’instar du podcasteur Joe Rogan, alertent sur une possible dérive autoritaire.

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