C’est le b.a.-ba de la critique : ne pas confondre le narrateur et l’auteur. On se gardera donc bien, lors de cette rencontre, de relever la moindre correspondance entre Andrea Bajani et l’homme qui, avec des accents pourtant criants de vérité, dit « je » dans son (superbe) nouveau roman, L’Anniversaire.

Elles semblent néanmoins sauter aux yeux, ces analogies. Ce jour-là, l’écrivain italien arrive de Houston, au Texas (Etats-Unis), où il vit et enseigne l’écriture créative à l’université Rice. En s’enfuyant de l’autre côté de l’Atlantique, aurait-il voulu faire comme son personnage principal : cesser définitivement toute relation avec sa famille ? « Placer un océan entre [s]es parents et [lui] » ?

Comme s’il devinait ces interrogations muettes, et pour couper court à tout ce qui pourrait concerner sa personne, Andrea Bajani oriente d’emblée la conversation sur son livre. « La littérature est la seule chose qui compte à mes yeux », martèlera-t-il lors de l’entretien. Dans Toutes les familles (Gallimard, 2013), il mettait déjà en garde : les faits, les personnages étaient tous « passés par cette forme particulière de falsification de la réalité qu’on appelle roman ». En d’autres termes, et comme il l’a souvent rappelé dans la presse italienne, L’Anniversaire n’est ni autobiographique ni autofictionnel, « c’est une fiction, tout simplement ».

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