« Fanatisme ». Ces dernières décennies, ce terme quelque peu oublié a fait un retour fracassant dans notre univers que le sacré semblait avoir déserté. Les attentats commis au nom de l’islam l’expliquent en partie, mais pas seulement. Nationalistes hindous, extrémistes bouddhistes birmans ou sri-lankais, terroristes islamistes, fondamentalistes chrétiens, juifs ultraorthodoxes colonisant la Cisjordanie : dans le langage médiatique contemporain, chaque religion semble avoir sa part de « fanatiques ».

Ce retour du « fanatisme » dans l’espace médiatique n’est toutefois pas sans charrier d’épineuses questions, nouées autour des rapports si complexes – si équivoques – du religieux et du politique, de la tradition et de la modernité, du civilisé et du barbare. « Le Monde des religions » revient sur la longue histoire du terme, apparu à la Renaissance, mais désignant une réalité bien plus ancienne, qui ne semble épargner aucune culture.

« Apparu au début du XVIe siècle, le mot “fanatique” est d’abord appliqué par Luther et Calvin à ceux qui, au début de la Réforme, voulaient détruire la société civile existante pour instaurer ici et maintenant le Royaume de Dieu », rappelle le politiste Dominique Colas, auteur du Glaive et le Fléau. Généalogie du fanatisme et de la société civile (Grasset, 1991).

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