Le pasteur autoproclamé d’une secte mortifère, dont environ 450 fidèles ont péri en 2023, sera poursuivi pour 52 morts supplémentaires l’an passé sur la côte kényane, a annoncé, lundi 26 janvier, le Parquet national kényan. Paul Nthenge Mackenzie, actuellement en détention et qui est déjà inculpé notamment de « meurtre, d’homicide involontaire, de radicalisation » dans la première affaire, comparaîtra le 11 février, date à laquelle les deux dossiers seront joints, a rapporté le parquet national sur le réseau social X.
« Des doutes raisonnables pèsent à l’encontre de Mackenzie, considéré comme l’instigateur et le superviseur de la commission des infractions, ayant utilisé des enseignements radicaux (…) pour attirer des victimes vers le foyer isolé de Binzaro », peut-ton lire dans ce communiqué du Bureau du directeur des poursuites publiques, l’ODPP (pour Office of the Director of Public Prosecutions, en anglais).
Binzaro est un hameau kényan situé à une trentaine de kilomètres de la forêt de Shakahola, où le premier massacre avait eu lieu. Quelque 34 cadavres et 102 morceaux de corps à divers stades de décomposition y ont été déterrés sur plusieurs mois à partir de juillet 2025.
Paul Nthenge Mackenzie est également inculpé de « terrorisme », « torture » et « cruauté » sur enfants dans la première affaire. Les enquêteurs ont récupéré « des notes manuscrites dans des cellules occupées par Mackenzie », en rapport avec la seconde vague de décès, explique encore l’ODPP. Les restes d’environ 450 personnes avaient été exhumés en 2023 dans la forêt de Shakahola, une vaste zone de bush de la côte kényane.
Les victimes présumées avaient suivi le pasteur autoproclamé et ancien chauffeur de taxi Paul Nthenge Mackenzie, qui est accusé de les avoir incitées à jeûner jusqu’à ce que mort s’ensuive pour « rencontrer Jésus » avant la « fin du monde » promise cette année-là.
L’affaire avait provoqué un traumatisme dans un pays majoritairement chrétien où les petites Eglises évangéliques pullulent, sans grand contrôle. Elle avait particulièrement ébranlé la côte kényane, plus connue pour ses plages de sable blanc et ses hôtels luxueux.