Entre la loge du maquillage et le plateau de CNews, mardi 20 janvier, Sonia Mabrouk explique à son invité, le député (Parti socialiste, Essonne) Jérôme Guedj, qu’ils parleront du budget et d’audiovisuel public. L’élu l’interrompt : « Quand même, je vous poserai une question sur Morandini. » Réponse du tac au tac : « Faites ce que vous voulez. » L’intervieweuse s’attendait, avant même le rejet du pourvoi en cassation de son collègue Jean-Marc Morandini, le 14 janvier, désormais condamné définitivement pour « corruption de mineurs », à être interpellée un jour.

Consciente de lâcher une petite bombe pour l’empire des médias Bolloré, la journaliste salue en direct une question « légitime » : « J’avoue que je n’en dors pas depuis plusieurs jours. J’ai beaucoup de respect pour ma direction, pour ma hiérarchie, mais, en aucun cas, ça ne vaut de cautionner cela… qui est d’une gravité réelle. » Une version des faits et une condamnation morale qu’elle a répétées dans un post, publié sur X mardi 27 janvier au matin.

Selon nos informations, le plaidoyer surprise a déclenché l’ire de Serge Nedjar, le patron de CNews, qui a réclamé la tête de l’animatrice star. Mais le vœu de Sonia Mabrouk, exprimé ce jour-là en coulisses, de faire bouger les choses à l’intérieur d’un groupe ultra-verrouillé, est aujourd’hui plus qu’exaucé. La crise interne a débordé des murs du siège, dans le 15e arrondissement de Paris, pour s’inviter dans les médias et les états-majors des partis.

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