Outre-Atlantique, le déploiement des agents de la police fédérale de l’immigration (ICE) suscite de vives contestations, dont les répercussions dépassent désormais les Etats-Unis. D’après des informations de l’Observatoire des multinationales révélées par le « 20 heures » de France 2, lundi 26 janvier, le groupe Capgemini, poids lourd du CAC 40 spécialisé dans les services numériques, travaille pour la police américaine de l’immigration par l’intermédiaire de sa filiale Capgemini Government Solutions (CGS).
Cette implication intervient alors que ICE fait l’objet de vives critiques outre-Atlantique. L’agence est mise en cause après la mort de deux citoyens américains, Renee Wood et Alex Pretti, survenue lors d’opérations menées ces dernières semaines dans le Minnesota, ravivant le débat sur les méthodes employées par la police de l’immigration.
En France, ces révélations ont suscité des réactions politiques. « Les contrats des groupes français méritent toute vigilance », a déclaré mardi sur RTL la ministre des armées, Catherine Vautrin, appelant à examiner précisément leur contenu et rappelant que « le respect des droits de l’homme est un sujet ».
« Il est temps que la France assume ses responsabilités. Des entreprises françaises privées collaborent avec l[’]ICE. Nous ne l’acceptons pas », a dit le député (La France insoumise) de Haute-Garonne, Hadrien Clouet, citant Capgemini, lors d’un point presse de son parti, mardi.
D’après des documents consultés par France 2, Capgemini intervient notamment dans la gestion d’un standard téléphonique destiné aux victimes de crimes commis par des étrangers. En décembre, sa filiale américaine a également remporté un contrat de 4,8 millions de dollars (environ 4 millions d’euros) portant sur des services d’« enquête et de vérification des antécédents personnels ».
Un mois plus tôt, Capgemini Government Solutions avait décroché un contrat bien plus conséquent, de 365 millions de dollars (306 millions d’euros), à l’issue d’un appel d’offres portant sur le skip tracing, une technique de localisation de personnes disparues. Le contrat prévoit la possibilité de bonus financiers en fonction des performances de l’ICE.
L’Observatoire des multinationales rappelle que Capgemini entretient des relations contractuelles avec l’agence américaine depuis 2007. Sur son site, l’entreprise expliquait récemment travailler « étroitement » avec les opérations d’expulsion de l’ICE afin d’en réduire les délais et les coûts, une déclaration depuis retirée.
Lundi, le directeur général du groupe, Aiman Ezzat, a écrit sur LinkedIn que le conseil d’administration indépendant avait engagé un examen du contrat attribué à CGS en décembre 2025.