Les services de renseignement allemands l’admettent volontiers : ils sont « les végétariens » de la profession. La formule, employée par l’ancien patron du renseignement extérieur August Hanning, dit l’ampleur du décalage entre les pratiques des grandes agences occidentales et celles de ses services, privés pour des raisons historiques d’une grande partie des outils de surveillance et d’enquête de leurs homologues.

« Nous avons besoin d’un changement d’époque dans les services secrets », a plaidé le ministre de l’intérieur, Alexander Dobrindt, dans un entretien à la Süddeutsche Zeitung le 24 janvier. Le choix des mots ne doit rien au hasard : le « changement d’époque » (« Zeitenwende »), expression utilisée par l’ancien chancelier Olaf Scholz après l’invasion de l’Ukraine, est désormais associé au réarmement de l’Allemagne. La formule « services secrets » est quant à elle quasi proscrite outre-Rhin, car associée aux crimes de deux régimes totalitaires, l’Allemagne nazie et la République démocratique allemande. « En Allemagne, on dit “services de renseignement”, jamais “services secrets”, décrypte Peter Neumann, spécialiste des questions de sécurité et professeur au King’s College à Londres. Ça fait moins peur. »

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