« De la poussière de mort partout. » Dans la parole des Iraniennes et des Iraniens, cette expression persane revient sans cesse pour décrire l’atmosphère qui règne dans le pays après la répression sanglante de la dernière vague de contestation. Elle traduit un sentiment d’abattement, une lourdeur étouffante, comme si toute vie, tout élan, avaient été écrasés. Internet reste coupé, l’essentiel du temps, depuis le 8 janvier, date de manifestations de masse contre la République islamique auxquelles le pouvoir a répondu en tirant à balles réelles sur les protestataires.

Ces derniers jours, des failles techniques ont toutefois permis à un nombre croissant d’Iraniens de se connecter brièvement à Internet, grâce à des VPN, leur permettant de mesurer l’ampleur de la répression menée par le régime iranien, sans commune mesure avec les vagues précédentes.

« Je ne contrôle absolument pas mon état psychologique. Je vais vraiment très mal depuis que j’ai vu les photos et les vidéos des corps inanimés dans différentes morgues et les visages des jeunes tués ces derniers jours, a écrit au Monde, lundi 26 janvier, une graphiste téhéranaise de 46 ans, qui avait manifesté dans la capitale le 8 janvier. Je n’arrive plus à m’endormir. Je vois sans cesse ces images et je comprends que c’était complètement différent de tout ce que nous avions entendu. Quel enfer ils ont créé… »

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