La flamme, il ne l’a pas lâchée des yeux. A quelques kilomètres de Cortina d’Ampezzo, dans le nord de l’Italie, sur un parcours taillé sur mesure pour son grand âge, Bruno Colli l’a tenue, bien droite, pour la troisième fois, après 1956 et 2006. Vêtu d’un survêtement blanc floqué du logo des Jeux olympiques (JO) d’hiver 2026 (du 6 au 22 février), bonnet et gants immaculés, il a marché la tête haute, tournée vers les massifs des Dolomites qui ferment son horizon depuis quatre-vingt-treize ans.
Lundi 26 janvier, le mercure affiche 0 °C. Rien à voir avec les ? 24 °C d’il y a soixante-dix ans jour pour jour, au coup d’envoi des VIIes Jeux d’hiver, déjà à Cortina. Une froideur telle que les photographes n’ont pas pu immortaliser l’instant, leurs appareils ayant gelé. M. Colli s’en souvient : il avait presque eu envie de se débarrasser du flambeau pour aller se réchauffer. Mais cela restera tout de même son « moment le plus fort » de ces JO, autant qu’une étape-clé de sa vie, comme il le raconte au Monde.
Charpentier dans ce gros bourg encore agricole, entouré de sommets mythiques comme les Tofane (3 244 mètres) ou le Monte Cristallo (3 221 mètres), il est alors chargé de guider les équipes soviétiques et nordiques vers leurs lieux d’entraînement et d’épreuves. Fondeur émérite, il pratique peu le ski de descente, faute d’avoir « l’argent pour utiliser les installations ». « Avant 1956, les gens d’ici étaient assez pauvres. Mais, peu à peu, le bien-être s’est amélioré », narre M. Colli.