Adoptée en décembre 2017, la loi Hulot a mis un terme à la recherche d’hydrocarbures sur le sol français et prévoit la fin de toute exploitation d’ici à 2040. Un groupe de sénateurs et sénatrices s’émeut aujourd’hui que « la Guyane, Mayotte et, plus largement, les outre-mer, dont le potentiel pétrolier reste à déterminer, se trouvent être les principales victimes de la bonne conscience écologique de la France ». L’argument est au cœur d’une proposition de loi visant à revenir sur cette interdiction pour les territoires ultramarins. Déjà validé en commission, le 21 janvier, le texte doit être examiné en séance, jeudi 29 janvier, dans le cadre de la niche parlementaire du groupe présidentiel Rassemblement des démocrates, progressistes et indépendants (RDPI).
Pourquoi avoir attendu huit ans pour réclamer un tel régime d’exception ? « Entre-temps, il y a eu un rebondissement », souligne le sénateur de la Guyane (RDPI) Georges Patient, à l’origine de la proposition de loi. Comprendre : un boom pétrolier dans les pays proches de la Guyane française. Il s’agit de ses voisins directs, le Suriname et le Brésil, et surtout, un peu plus loin, le Guyana. Ce petit Etat d’Amérique du Sud est devenu un nouveau géant de l’or noir depuis la découverte d’un gisement au large de ses côtes dont l’exploitation a démarré fin 2019.