Le « JFK » ivoirien est sorti de prison. Agé de 32 ans, Jean-François Kouassi, étudiant en sociologie, surnommé par ses soutiens le « président des jeunes », fort de 280 000 abonnés sur TikTok, et presque autant sur Facebook, a été libéré mardi 27 janvier du pôle pénal d’Abidjan, où il était détenu depuis quinze jours. La veille, le tribunal de première instance l’avait condamné pour « dénonciation calomnieuse » et « atteinte à l’ordre public », après des publications dénonçant la corruption dans les concours de la fonction publique.

En seulement un an, Jean-François Kouassi a acquis une importante popularité dans son pays en publiant sur les réseaux sociaux une série de vidéos critiquant la cherté de la vie, la gérontocratie - le président, Alassane Ouattara, 84 ans, vient d’entamer son quatrième mandat - et le manque de perspectives pour la jeunesse, où il se met en scène tiré à quatre épingles, chaussures vernies et costume soigné.

Fort de cette notoriété, il avait déposé en août 2025 une candidature symbolique à l’élection présidentielle d’octobre, sans chance qu’elle soit validée - la limite d’âge pour être éligible est de 35 ans. Il a également échoué être député de Cocody, en ne recueillant que 2,4 % des voix.

C’est à deux posts Facebook, publiés le 8 janvier, que Jean-François Kouassi doit son incarcération. Il y dénonçait l’admission de 400 agents pour la formation d’encadrement douanier sans concours d’entrée public, officiellement suspendu en avril 2024 par le ministère de la fonction publique, nourrissant des accusations de corruption et de clientélisme.

« Aujourd’hui, les jeunes veulent adhérer au RHDP [Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix, parti au pouvoir] non par conviction ou par volonté politique, écrivait-il, mais parce qu’ils sont convaincus que c’est le seul moyen d’avoir accès à un concours. » Il s’était ensuite rendu seul, avec une pancarte portant l’inscription « L’administration ivoirienne n’est pas votre propriété privée, le peuple veut plus de transparence », devant le ministère de la fonction publique, avant d’être violemment interpellé par les forces de l’ordre et incarcéré quatre jours plus tard.

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