Nestlé, Lactalis, Danone, Vitagermine… Les principaux acteurs du marché du lait infantile en France ont rappelé des lots de lait premier âge, destinés aux nourrissons de moins de 6 mois, en raison de la détection de toxine céréulide susceptible de provoquer des syndromes émétiques. La source de la contamination a été identifiée dans une matière première commune à ces laits : une huile riche en acide arachidonique, source d’oméga-6, provenant d’un fournisseur en Chine.
Alors que les industriels et les autorités se veulent rassurants, expliquant qu’aucun cas avéré n’a été identifié, deux enquêtes pénales ont été ouvertes à Angers et à Bordeaux sur la mort, en janvier, de bébés ayant consommé du lait Guigoz, et des associations recensent des dizaines de familles touchées par des symptômes concordants. Dénonçant une réponse trop tardive et lacunaire des autorités, l’Association pour la santé des enfants (APLSDE) a déposé, lundi 26 janvier, un recours en référé pour « carence grave de l’Etat ».
La première notification formelle dans le système d’alerte rapide européen sur la sécurité des aliments intervient le 12 décembre. Emise par les autorités italiennes, elle signale la présence de céréulide dans des laits infantiles, sur la base d’analyses du 1er décembre 2025. Les autorités italiennes étaient-elles informées dès le 1er décembre des résultats de ces échantillons ou les ont-elles reçus plus tard ? Provenaient-ils d’analyses diligentées par les officiels ou d’autocontrôles ? Interrogé, le ministère de la santé italien n’a pas répondu à nos questions.