Même si la photo a été délibérément recadrée par l’eurodéputé autrichien d’extrême droite Harald Vilimsky, pour laisser croire à une rencontre en petit comité, elle n’en est pas moins « historique », comme le clame le Parti de la liberté d’Autriche (FPÖ). Dimanche 25 janvier, M. Vilimsky s’est réjoui d’être le premier responsable de ce parti, fondé en 1956 par d’anciens nazis, à être reçu par un premier ministre israélien. Un nouveau signe du rapprochement du parti de Benyamin Nétanyahou, le Likoud, avec l’extrême droite européenne.
Chef de file du FPÖ au Parlement européen, M. Vilimsky faisait partie d’une délégation d’élus du groupe des Patriotes, comprenant aussi trois représentants du Rassemblement national (RN) de Jordan Bardella, venus « soutenir Israël dans [leur] lutte commune contre l’islamisme radical et la montée de l’antisémitisme à travers l’Europe ». Sur Facebook, M. Nétanyahou a publié une photo de lui avec toute la délégation, à Jérusalem. Il a salué la visite de « frères d’armes » engagés dans la lutte « contre la gauche radicale et les islamistes » et annoncé l’ouverture « d’une branche des Patriotes à Jérusalem ».
Depuis le 7 octobre 2023 et la guerre à Gaza, qui a valu au premier ministre israélien d’être placé sous mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale pour « crimes de guerre et crimes contre l’humanité », le Likoud ne cesse de se rapprocher du groupe des Patriotes. Troisième force au Parlement européen, cette formation accueille de nombreux élus affichant un soutien sans faille aux opérations militaires menées par l’armée israélienne dans l’enclave palestinienne. En 2025, le parti israélien a ainsi acquis le statut d’« observateur » au sein du groupe européen. Même si Israël ne fait pas partie de l’Union européenne (UE) et ne compte pas y adhérer, des ministres israéliens assistent à des événements de la formation.
Jusqu’à cette visite, les responsables israéliens évitaient les contacts directs avec les élus du FPÖ. En Autriche, ce parti arrivé en tête des législatives de septembre 2024 avec 29 % des voix est toujours très largement boycotté par la communauté juive locale qui lui reproche ses ambiguïtés persistantes sur le passé nazi du pays. A Vienne, lundi 26 janvier, le président du Consistoire israélite autrichien, Oskar Deutsch, a d’ailleurs estimé que M. Nétanyahou « n’aurait pas dû se laisser entraîner dans une telle mise en scène sur le sol israélien » et a dénoncé un parti connu pour « ses nombreux liens avec des néonazis et ses positions antisémites et anti-israéliennes ».