Les relations entre le Rwanda et le Royaume-Uni, fraîches depuis la victoire électorale du parti travailliste britannique le 4 juillet 2024, prennent un nouveau coup de froid. Le gouvernement rwandais a indiqué, mardi 27 janvier, avoir engagé une procédure d’arbitrage interétatique contre le Royaume-Uni suite à l’abandon par Londres d’un accord de partenariat controversé, signé en 2022 avec le premier ministre de l’époque, Boris Johnson. Ce traité prévoyait la relocalisation au Rwanda de demandeurs d’asile présents sur le sol britannique.

Très peu de temps après son arrivée au 10 Downing street, Keir Starmer s’est démarqué de la politique migratoire de ses prédécesseurs conservateurs en déclarant cet accord « mort et enterré ». Avant lui, en novembre 2023, la Cour suprême britannique l’avait d’ailleurs jugé illégal sur le plan du droit international.

La procédure rwandaise entamée le 24 janvier devant la cour permanente d’arbitrage basée aux Pays-Bas porte sur deux paiements par Londres de 50 millions de livres sterling (environ 58 millions d’euros), l’un dû en avril 2025 et non versé ; l’autre à venir, en avril 2026. En novembre 2025, Kigali avait accepté, à la demande de Keir Starmer, de renoncer à ces sommes à condition toutefois de trouver un nouvel aménagement financier. « Ces discussions n’ont finalement pas eu lieu et les montants demeurent dus », indique un communiqué du gouvernement rwandais publié mardi. « Le Rwanda regrette qu’il ait été nécessaire d’engager ces recours en arbitrage mais face à l’intransigeance du Royaume-Uni sur ces questions, il n’a eu d’autre choix », ajoute Kigali.

Ce partenariat pour la migration et le développement économique (MEDP selon son acronyme anglais) était présenté, par Kigali, comme « une initiative novatrice qui offre sécurité et dignité à ceux qui recherchent une protection, ainsi que la possibilité de construire une nouvelle vie au Rwanda ». Il avait soulevé les critiques d’organisations de défense des droits humains qui reprochent au régime de Paul Kagame, au pouvoir depuis 1994, d’étouffer la dissidence et la liberté d’expression.

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