En 2021, en pleine pandémie de Covid-19, Patrick Boucheron décidait de consacrer son cours annuel au Collège de France à la grande peste qui ravagea, à partir de 1347, l’ensemble du monde connu. Peste noire livre le texte remanié de ces leçons, données devant un public réduit par la nécessité à dix auditeurs, qui, tels les dix héros du Décameron (1349-1353), de Boccace, l’un des grands récits médiévaux de la peste, firent le choix d’oublier pour un temps l’épidémie en se réfugiant autour d’un narrateur.

La peste, Patrick Boucheron l’a rencontrée lors de ses premières recherches sur la cité de Milan, censément épargnée en 1348 grâce aux mesures cruelles prises contre les pestiférés par son tyrannique seigneur, Luchino Visconti. Comme pour l’écrasante majorité des historiens du bas Moyen Age, la peste était alors pour lui un contexte, une circonstance, mais pas un événement, « puisqu’un événement est ce qui arrive aux hommes du fait des hommes ». Comment refuser, pourtant, à un bacille capable d’emporter jusqu’à 60 % de la population qu’il touche son statut d’acteur historique de premier plan ?

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