Interrogé lors d’une conférence en novembre 2025, Sam Altman, le visage de ChatGPT, se disait « envieux des étudiants de la génération Z qui ont abandonné leurs études ». « C’est fou le nombre de choses que vous pouvez construire aujourd’hui et la liberté intellectuelle que ces jeunes peuvent avoir. (…) Les opportunités sont tellement grandes », expliquait le PDG de l’entreprise OpenAI. Lui-même a abandonné ses études à l’âge de 19 ans, comme d’autres prodiges de la tech : Bill Gates et Mark Zuckerberg ont, à des époques différentes, quitté Harvard. Le jeune milliardaire Alexandr Wang, patron de l’intelligence artificielle chez Meta, a abandonné le prestigieux Massachusetts Institute of Technology à l’âge de 19 ans. Autant de parcours hors norme souvent cités en exemple pour montrer que l’on réussirait aussi bien, et même mieux, libéré du carcan de l’université.
En France, le livre Ne faites plus d’études. Apprendre autrement à l’ère de l’IA, paru en 2025 aux éditions Buchet-Chastel, sonne comme un avertissement autant que comme la promesse d’une nouvelle ère. Les auteurs, Laurent Alexandre, militant du transhumanisme (mouvement qui vise à « augmenter l’homme » par la technologie) et interlocuteur régulier de Jordan Bardella (Rassemblement national), et Olivier Babeau, essayiste et professeur à l’université de Bordeaux, y décrètent tout bonnement la mort du diplôme. « Longtemps, les études supérieures furent la voie royale vers l’ascension sociale. (…) Dans le monde qui se dessine, ce diplôme ne vaut plus rien », peut-on lire sous leur plume. Et plus loin : « Pendant des siècles, étudier était le meilleur investissement possible. Ce monde-là est mort. »