Il a fallu de longues heures, après l’attaque inédite dont a été victime le Niger dans la nuit de mercredi 28 à jeudi 29 janvier, pour que le chef de la junte au pouvoir, Abdourahamane Tiani, prenne la parole. Ses mots ont été d’une virulence rare. Sur des images diffusées dans la soirée de jeudi, mais vraisemblablement tournées plus tôt dans la journée, le général a dénoncé « une tentative d’infiltration de la part de mercenaires téléguidés ».

Après avoir « félicité » les forces de sécurité du pays et leurs « partenaires russes » qui « ont permis de mettre l’ennemi en déroute », il a porté de violentes accusations contre les présidents français, béninois et ivoirien. « Nous rappelons aux sponsors de ces mercenaires, notamment Emmanuel Macron, Patrice Talon, Alassane Ouattara – nous les avons suffisamment entendus aboyer –, qu’ils s’apprêtent à nous entendre rugir », a menacé le militaire, vêtu comme toujours d’un treillis, béret vert sur la tête.

Quelques heures plus tôt, l’aéroport international de la capitale nigérienne était visé par une attaque comme le pays n’en avait jamais connu. Durant une heure, il a été la cible de tirs si nourris qu’ils ont fait trembler les murs des maisons sur des kilomètres à la ronde et plongé 1,6 million de Niaméyens dans un long vacarme. Des scènes filmées par des passagers à l’intérieur du bâtiment témoignent de la panique qui y régnait, tandis qu’au moins deux vols internationaux ont été déroutés. Des vidéos filmées à l’extérieur montrent des traces lumineuses dans le ciel, signes probables de défenses antiaériennes face à une attaque de drones.

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