Le gang des cambrioleurs du Musée du Louvre a de nouveau frappé, à Angoulême cette fois. Des pièces exceptionnelles de l’histoire de la bande dessinée – la page 71 de Tintin et les Picaros (1975), d’Hergé ; la planche 44 du Secret de l’Espadon (1946), d’Edgar P. Jacobs ; la planche 24 de la Ballade de la mer salée (1967), d’Hugo Pratt – ont été dérobées au musée municipal, comme en témoigne un alignement de cadres vides, accolés à leurs cartels. Libre à chacun de croire ou de ne pas croire cette version fournie par l’« Office du tourisme de la bande dessinée », agence éphémère et foutraque, installée dans le cadre du Grand Off, succédané du Festival international de la bande dessinée (FIBD) d’Angoulême.
D’autres élucubrations poétiques et potentielles sont offertes, au même endroit, à l’expertise du visiteur : un projet de ligne de métro entre la gare SNCF et le quartier du Champ-de-Mars, une cabine de téléportation permettant aux auteurs de science-fiction de voyager dans leur univers futuriste… Que penser, enfin, du cycle de conférences – toutes « complètes » – proposées aux purs bédéphiles : « Le village des Schtroumpfs : illusion d’une démocratie ? », « L’origine des onomatopées du IIIe siècle à nos jours », « Le banquet gaulois d’Astérix encourage-t-il un certain désordre alimentaire ? »…