Donald Trump voyait en Minneapolis et Saint Paul, les Twin Cities du Minnesota, un terrain de bataille idéal de la guerre culturelle qu’il mène aux démocrates. Mais la mort de Renee Nicole Good et celle d’Alex Pretti – deux Américains de 37 ans abattus à deux semaines d’écart par des agents de la police fédérale de l’immigration (ICE) et de la Border Patrol (une agence fédérale de l’immigration), dans le cadre de la grande opération anti-immigration en cours dans cet Etat du nord des Etats-Unis – ont mis à mal sa stratégie. Les « Twin Cities » ressemblent désormais à un bourbier politique pour le président américain, qui cherche à se désengager sans perdre la face.
Jeudi 29 janvier, les trois agents impliqués dans les deux décès ont été suspendus. Tom Homan, le responsable de la politique migratoire de la Maison Blanche, a été envoyé sur place pour reprendre le contrôle des opérations et négocier avec les autorités locales. « Nous ne renonçons en aucun cas à notre mission. Nous la menons simplement de manière plus intelligente », a-t-il affirmé. Un désaveu pour la secrétaire à la sécurité intérieure, Kristi Noem. Donald Trump a aussi concédé que l’intervention pourrait prendre « une forme un peu plus détendue ». « On aimerait finir le travail et bien le finir, et je pense qu’on peut le faire avec une désescalade », a-t-il déclaré sur la chaîne ABC. Vendredi, il a qualifié Alex Pretti d’« agitateur et peut-être [d’]insurgé » après la diffusion d’une vidéo montrant l’infirmier, quelques jours avant sa mort, insulter des agents de l’ICE à Minneapolis, le 13 janvier.