Les uns veulent croire que la crise groenlandaise pourrait être un moment de bascule pour l’Europe, l’heure de son réveil. Les autres, plus pessimistes, en doutent. En cette fin janvier, Donald Trump a renoncé, au moins temporairement, à une aventure militaire pour s’emparer du territoire autonome du Danemark. Mais que le président des Etats-Unis, première puissance mondiale hier vue comme la protectrice du Vieux Continent, ait pu envisager d’attaquer un pays allié, reste ancré dans les esprits des dirigeants européens, même les plus atlantistes.

C’en est fini de la vassalité européenne, affirmait-on, jeudi 29 janvier à Bruxelles, derrière les portes closes du conseil des affaires étrangères qui se tenait ce jour-là. « Tout le monde a pris suffisamment de baffes pour comprendre qu’il faut désormais se redresser. Beaucoup de choses s’achètent, mais pas la dignité », confiait un ministre européen sous le sceau de l’anonymat.

« La situation au Groenland est un appel au réveil stratégique pour toute l’Europe », avait proclamé, la veille, Emmanuel Macron, en recevant à Paris le premier ministre groenlandais, Jens-Frederik Nielsen, et son homologue danoise, Mette Frederiksen, venus s’assurer du soutien persistant de leurs alliés face aux velléités impérialistes du président américain. « Le monde ancien n’est plus et ne reviendra pas », avait observé, Mme Frederiksen, lors d’une conférence à Sciences Po dans la matinée.

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