Des plans au ralenti, une musique épique, quelques punchlines et un montage ultrarapide. Non, il ne s’agit pas du dernier blockbuster pétaradant de Michael Bay, le « maître des explosions » à Hollywood, mais bien d’une vidéo publiée le 4 janvier par la Maison Blanche, sur son compte Instagram, pour se vanter de l’arrestation de Nicolas Maduro, le président vénézuélien enlevé dans son lit par les forces spéciales américaines. Dans les commentaires, un certain Scott Ellison en pleure de rire : « J’adore que la page Insta de la Maison Blanche tourne ça comme une bande-annonce de film. »

Des montages comme celui-ci, auparavant réservés à des militants sur les réseaux sociaux ou des forums comme Reddit, sont désormais postés tous les jours par les comptes officiels de l’administration Trump. Que ce soit pour mettre en scène son ingérence à l’étranger, exalter les mérites de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE), la police fédérale de l’immigration, ou communiquer autour du Project Firewall, qui vise à restreindre l’entrée de travailleurs étrangers, celle-ci impose une nouvelle imagerie sur les écrans. Plus violente – souvent dissimulée par l’humour –, plus blanche, plus viriliste aussi. « On observe un esthétisme de l’autorité et du retour à des normes antérieures, décrypte Jérôme Viala-Gaudefroy, docteur en civilisation américaine et spécialiste de la rhétorique présidentielle. La Maison Blanche est devenue une sorte de studio de production avec une logique de shock horror, de sensationnalisme. »

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