Une enquête a été ouverte après un incendie dans un campement de migrants de la capitale, qui a fait trois blessés, a indiqué vendredi le parquet de Paris, sollicité par l’Agence France-Presse (AFP).
Les investigations concernent des « blessures involontaires et dégradation par moyen dangereux » et ont été confiées au commissariat du 19e arrondissement, précise le parquet. Les faits « auraient eu lieu dans la nuit du 18 au 19 janvier ». Les « constatations ont été limitées, puisque la tente brûlée aurait déjà été retirée avant l’arrivée des services de police », poursuit le parquet. Les trois personnes blessées « seront entendues », conclut le ministère public.
Utopia 56, association qui défend des droits des personnes en situation d’exil et de migration, a dénoncé sur ses réseaux sociaux deux incendies visant ce même campement. Selon elle, l’incendie dans la nuit du 18 au 19 janvier, « probablement criminel », aurait fait « au moins » quatre blessés, dont une personne « gravement brûlée ». L’association évoque également un nouvel incendie causé « très certainement » de « manière volontaire et de manière criminelle » dans ce même campement dans la nuit du 27 au 28 janvier.
Selon les témoignages recueillis par l’association, un homme a été vu aspergeant de l’essence sur les tentes pour le premier feu et un jerrycan a été retrouvé dans les décombres pour le second. Au total, Utopia 56 évoque « une vingtaine d’incendies » recensés au cours des six derniers mois sur des lieux de vie informels.
Interrogé par l’AFP, le maire du 19e arrondissement, François Dagnaud, dit avoir saisi jeudi la procureure de la République de Paris au titre de l’article 40 et se dit « rassuré de voir que le sujet est pris très au sérieux ». Dans son courrier, l’élu estime que les deux incendies portés à sa connaissance peuvent relever d’une « tentative d’homicide ».
« Les personnes vivant dans ce campement n’ont pas bénéficié d’une mise à l’abri dans le cadre du plan Grand Froid, faute d’un nombre suffisant de places ouvertes », regrette-t-il. « On ne peut pas laisser indéfiniment des dizaines ou des centaines de personnes au total vivre dans ces conditions totalement indignes », a-t-il déclaré à l’AFP, ajoutant que la Ville « mobilise des moyens très au-delà de ses propres compétences pour essayer de faire face ».