C’est une avancée majeure dans le traitement d’une maladie génétique rare, restée sans progrès thérapeutique depuis plus de vingt ans. La mucopolysaccharidose de type II (MPS II), ou maladie de Hunter, est due à un déficit d’une enzyme indispensable à l’élimination de certains composés, les glycosaminoglycanes.

La maladie de Hunter appartient au groupe des maladies lysosomales : en l’absence d’une enzyme qui dégrade normalement les glycosaminoglycanes, ces substances s’accumulent dans les cellules et atteignent notamment le foie, le cœur, les voies respiratoires et le système auditif. Dans environ 70 % des cas, la maladie évolue vers une forme neuronopathique, marquée par un déclin cognitif progressif, débutant chez l’enfant de 2 à 4 ans. Cette atteinte neurologique reflète une neurodégénérescence, mise en évidence par l’augmentation, dans le sang, des taux de chaîne légère des neurofilaments, un biomarqueur de l’atteinte des neurones.

Depuis 2023, le traitement repose sur une enzymothérapie substitutive, pour une maladie touchant environ 1 garçon sur 100 000 à 170 000 naissances, soit 2 à 3 enfants par an en France. « En donnant cette enzyme toutes les semaines, on observe que les enfants vivent plus longtemps, avec une efficacité sur le volume du foie ou de la rate, sur la maladie cardio-vasculaire et, globalement, avec une amélioration du confort de vie », explique Nathalie Guffon, responsable du centre de référence des maladies héréditaires du métabolisme, à Lyon. Mais cette approche reste inefficace sur le cerveau : la barrière qui sépare le sang du cerveau empêche l’enzyme d’y pénétrer.

Une étude internationale publiée le 1er janvier dans le New England Journal of Medicine, dirigée par Joseph Muenzer (université de Caroline du Nord), a évalué le tividenofusp alfa, une enzyme de substitution « hybride » conçue pour franchir la barrière hémato-encéphalique. L’enzyme manquante est fusionnée à un fragment d’anticorps ciblant le récepteur de la transferrine, abondant à la surface des cellules de cette barrière, permettant son transport actif vers le cerveau. Cette protéine de fusion a été développée par Denali Therapeutics.

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