Dans l’abondance de mangas paraissant chaque année en France, on pourrait parfois désespérer de trouver une nouveauté née d’une plume inconnue dont la lecture vous marque durablement. C’était sans compter sur Les Guerres invisibles, diptyque de Marina Lisa Komiya, dont le premier tome a été publié au printemps 2025, et dont le deuxième vient de paraître, qui nous reste longtemps à l’esprit. L’artiste et mangaka, qui s’identifie comme une personne non binaire (qui ne se genre ni au masculin ni au féminin), y raconte le destin de deux jeunes femmes lesbiennes séparées de force pendant la seconde guerre mondiale à Tokyo et qui, pour leur survie, vont mêler leur destin à celui de deux soldats américains, dont l’un est fils d’émigrés japonais. Ce manga au trait encore un peu brut et au propos délicat puise dans le ressenti de l’artiste trentenaire, que son origine nippo-américaine a aidé·e à concevoir la fracture intérieure de ses personnages.

Plutôt que de livrer un récit d’émancipation, Marina Lisa Komiya, avec qui « Le Monde des livres » a pu s’entretenir à distance, souhaitait montrer l’« absurdité écrasante du Japon d’après-guerre ». Et mettre en récit des « individus du passé dont la voix n’a jamais été entendue et dont la grande histoire ne parle pas ».

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