Sa présence sur le court de la Rod Laver Arena de Melbourne, dimanche 1er février, pour la finale messieurs de l’Open d’Australie 2026, était, à certains égards, une surprise. Du moins pour le grand public qui aurait plus facilement misé sur un énième duel entre l’Italien Jannik Sinner, double tenant du titre, et l’Espagnol Carlos Alcaraz, numéro un mondial, tant les deux hommes dominent le circuit professionnel de tennis depuis deux saisons.

Ce n’en était pas une pour Novak Djokovic. A 38 ans, le Serbe, actuel 4e à l’ATP, n’est pas du genre à se satisfaire des seconds rôles. D’autant qu’il est investi d’une mission : devenir le seul détenteur du record de titres en Grand Chelem. Un record partagé, pour l’heure, avec l’Australienne Margaret Court – 24 chacun.

Vainqueur en quatre sets (2-6, 6-2, 6-3, 7-5), après plus de trois heures de jeu, c’est finalement Carlos Alcaraz qui est entré dans les annales de la discipline ce dimanche, remportant le dernier Majeur qui manquait encore à son palmarès, déjà riche de deux Roland-Garros, deux Wimbledon et deux US Open. A 22 ans et 272 jours, l’Espagnol est le plus jeune joueur à s’adjuger les quatre levées du Grand Chelem, effaçant la marque établie par l’Américain Don Budge lors de son sacre Porte d’Auteuil, à 22 ans et 363 jours… en 1938 !

« [Carlos Alcaraz] et moi, nous écrivons une page d’histoire à chaque fois que nous jouons », relevait Novak Djokovic avant le match. La carrière des deux hommes se décrit à coups de superlatifs et la musique épique, qui a accompagné leur entrée sur le court central du Melbourne Park, sous les yeux des légendes espagnole Rafael Nadal et australienne Ken Rosewall, donnait la mesure des enjeux de cette rencontre.

Le Serbe connaît bien l’Open d’Australie pour y avoir triomphé à dix reprises, en autant de finales avant ce dimanche. L’Espagnol, lui, n’avait jamais atteint ce stade de la compétition à Melbourne. Mais il avait déjà privé, par deux fois, de son aîné de son « Graal », à Wimbledon en 2023 et 2024, et lui avait barré à l’US Open 2025, en l’éliminant en demies.

Bien décidé à ne pas revivre la désillusion de l’année 2021, où, alors en lice pour réaliser le Grand Chelem calendaire, il s’était effondré en finale de l’US Open (défaite en trois sets face au Russe Daniil Medvedev), Novak Djokovic est, cette fois, immédiatement rentré dans la finale. Un break dès le quatrième jeu. Puis, deux balles de set à 2-5. Une seule lui aura suffi. A peine plus d’une demi-heure après avoir fait son entrée sur le court, il empochait la première manche.

La seconde aura été plus compliquée. Le Serbe passe à côté de son service dans le troisième jeu, laissant son rival prendre l’avantage. Dans la foulée, Novak Djokovic s’offre deux occasions de recoller, mais celles-ci sont repoussées par Carlos Alcaraz. Puis le numéro un mondial enfonce le clou profitant des fautes directes de plus en plus nombreuses de son adversaire (5-2). Le scénario s’est inversé : un set partout. L’Espagnol est revenu dans le match.

Et il le confirme dans la troisième manche. Là encore, un break, au cinquième jeu. Puis un second, décisif, dans le neuvième. Novak Djokovic aura eu beau effacer quatre balles de set, la cinquième sera la bonne. Dos au mur, le Serbe semble désormais submergé. Son visage est crispé. Sa tension palpable.

Dès son premier jeu de service de la quatrième manche, il voit Carlos Alcaraz se procurer six occasions de prendre le large. Le numéro 4 mondial résiste, sous les vivats de la Rod Laver Arena, avant de brandir un poing triomphant en direction des tribunes une fois le danger complètement écarté. De quoi inverser la tendance ? Novak Djokovic manquera l’occasion de creuser l’écart dans le neuvième jeu. Et la première balle de match de Carlos Alcaraz, dans le douzième, fut la bonne.

Au terme d’un âpre face-à-face, le Serbe pourra tout de même se consoler en se disant qu’il a tout de même réussi à faire taire ses détracteurs, qui le voyaient bon pour prendre sa retraite.

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